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Que cherche à cacher le Burundi ?



L'ONU devrait renforcer l’attention portée aux abus qui se poursuivent à l’approche des élections de 2020

La semaine dernière, plusieurs membres du Conseil de sécurité des Nations Unies ont fait part de leurs inquiétudes face à la situation au Burundi, soulignant la répression politique qui se durcit à l’approche des élections de 2020, les restrictions imposées aux médias indépendants et les efforts de médiation régionaux bloqués. Dans un contexte de crise humanitaire grandissante, près de 1,8 million de Burundais sont menacés d’insécurité alimentaire.

D’autres membres du Conseil, tels que la Russie, la Chine et la Guinée équatoriale, ont fait valoir que le Burundi ne devrait même pas figurer sur l’agenda du Conseil, affirmant que le calme et la stabilité avaient été rétablis et décrivant les préparatifs des élections et le rapatriement des réfugiés en cours. Le gouvernement burundais évoque souvent les « motifs politiques » derrière le suivi du Conseil. Malgré de nombreuses preuves indiquant des tendances inquiétantes, certains pays continuent de répéter ligne officielle du gouvernement selon laquelle tout va bien au Burundi.

Au cours des quatre années écoulées depuis le début de la crise burundaise, le gouvernement n’a ménagé aucun effort pour éliminer toute possibilité de critique indépendante et de dissidence. Des enquêtes récentes menées par Human Rights Watch, des groupes de défense des droits exilés et la Commission d'enquête des Nations unies sur le Burundi brossent un tableau inquiétant des abus et de la répression.

Juste un jour après la réunion du Conseil du 14 juin, un bureau du parti d'opposition Congrès national pour la liberté (CNL) dans la province de Bujumbura Rural a été incendié. Un représentant du CNL a déclaré que la police avait arrêté 15 membres du parti juste avant l'incendie du bâtiment.

Lundi, un ordre du gouvernement a été publié annonçant la suspension de PARCEM, l'une des dernières organisations indépendantes de défense des droits au Burundi. Le gouvernement a accusé le PARCEM de ternir l'image du pays et de ses dirigeants. L'organisation dirigeait la campagne «« Ukuri Ku Biduhanze » (« la vérité sur les défis auxquels le pays est confronté ») et faisait un travail de sensibilisation sur des problèmes critiques allant du paludisme à l'insécurité alimentaire.

Cette intolérance a également été adressée aux observateurs internationaux des droits. Après la fermeture du bureau des droits de l'homme des Nations Unies au Burundi et le blocage de l'accès à la Commission d'enquête, le gouvernement aurait menacé de couper les liens avec l'Envoyé spécial du Secrétaire général.

Les autorités burundaises espèrent que si le monde ne voit pas leurs abus, il n'en parlera pas. Les membres du Conseil de sécurité devraient redoubler d'efforts pour arrêter ces abus, notamment en demandant à la Commission d'enquête de lui présenter ses conclusions. La crise burundaise risque de s’aggraver avant les élections de 2020 et ce n’est pas le moment de détourner le regard.

Lewis Mudge

Directeur, Afrique centrale|HRW

Burundi: le Burundi, un pays éphémère…



Depuis son indépendance, en 1962, jusqu’à ce jour, le Burundi est devenu un pays qui vit dans des situations induisant continuellement des massacres, des assassinats, des départs d’une partie de sa population dans les pays voisins ou, pour ceux qui le peuvent, dans des pays plus éloignés. Ces nombreuses périodes de violence sont suivies par une paix relative, pendant laquelle, chaque adulte se demande jusque quand l’accalmie va durer.

Cette situation fait du Burundi un pays éphémère, dans lequel il devient de plus en plus difficile d’organiser sa vie.

La cause de toutes ces catastrophes est la haine entre les deux principaux groupes, « Hutus et Tutsis », que les différents pouvoirs ont organisés en ethnies. Tous les politiciens burundais ont, un jour ou l’autre, déclaré, la main sur le cœur, que ces groupes ne constituent pas des ethnies à proprement parler, tout en les manipulant quand la lutte de pouvoir s’annonce.

Vivre ensemble, en paix, devient de plus en plus compliqué car chaque Burundais a perdu des membres de sa famille ou des amis. Les blessures, non soignées et chaque fois ravivées par de nouveaux massacres, sont impossibles à gérer. La population vit dans une peur permanente et une pauvreté qui s’accroît à cause des migrations nombreuses et qui font perdre aux familles le peu qu’ils possèdent.

Vivre dans un pays éphémère bouche les horizons. Les politiciens eux-mêmes s’enferment dans des programmes obscurs qui, pour la plupart ne consistent qu’à protéger leur domination sur les autres ; qu’à organiser des vols, des meurtres, des viols, des ventes d’êtres humains… Cette susceptibilité maladive finit toujours par dépasser l’ethnie visée au départ pour s’étendre à tous ceux qui osent critiquer leurs agissements. On dirait que tuer des membres de tous les groupes pourrait devenir acceptable alors que la vie de tous est sacrée.

La majorité de politiciens burundais affirment que le problème est politique et qu’il pourrait être résolu par le simple partage des places. Peut-on nous expliquer ces différences politiques – différences d’idéologies donc – pour lesquelles les politiciens en arrivent à manipuler les citoyens jusqu’à transformer certains en criminels et d’autres en soutiens passifs ?

Peut-on nous expliquer pourquoi ceux qui ont participé aux accords d’Arusha ont, dans leur analyse, posé comme problème essentiel le caractère politique du conflit et sont arrivés à la solution miraculeuse de proposer le partage des postes entre « les ethnies » ? Cette solution a-elle donné des résultats ? N’a-t-elle pas surtout encouragé la gymnastique cynique de certains d’entre vous qui pratiquent mensonges et manipulations ? Car tout est manipulé : les accords d’Arusha, la démocratie, les religions, les valeurs ancestrales.

Cette méfiance permanente induit des mensonges devenus un sport intellectuel national. Tout accord demande un minimum d’honnêteté et de bonne foi. Sinon les uns cherchent des solutions au moment où ceux d’en face cherchent à les détricoter. L’esprit de revanche ne peut amener que la haine et sa suite de malheurs.

Le but n’est pas d’écrire l’histoire mais de souligner un phénomène qui se répète depuis des décennies et dont la base est toujours la même : manipuler des ethnies créées pour gouverner. Nous sommes nombreux à croire que ces ethnies ne sont que des manipulations des gens au pouvoir. On ne naît pas hutu ou tutsi , on le devient à cause des influences néfastes. Personne ne connaît cet ancêtre commun des uns et des autres.

Parce que nous sommes convaincus que cette culture de haine empêchera toujours le Burundi de connaître une paix solide basée sur la confiance entre les citoyens. Parce que ces ethnies sont des prisons sociales que nous ne voulons plus léguer à nos enfants. Parce que nous voulons vivre ensemble, construire ensemble et ne pas rester enchaînés à une peur permanente. Parce que nous souhaitons ardemment que les morts, tous les morts burundais obtiennent justice pour éviter les généralisations consacrant l’injustice qui dit que « si ce n’est toi, c’est ton père, ton grand-père, ton ami… ». Parce que nous refusons de servir de prétextes aux manipulateurs, d’appartenir à des groupes qui n’ont aucun autre but que de servir les envies de revanche des uns et des autres.

Pour toutes ces raisons, nous revendiquons notre droit de faire nos choix en tant qu’individu ; de juger selon nos têtes et nos cœurs, en toute liberté. Nous voulons que chaque habitant du Burundi récupère son humanité. Nous refusons que des citoyens burundais meurent en tant que « traîtres », « renégats » ou « animaux nuisibles », termes inventés pour tuer impunément et sans mauvaise conscience.

Devenir un individu « sans ethnie » est un choix personnel. Nous cultivons la Liberté, la Démocratie véritable qui ne se limite pas à voter mais qui est une façon de vivre et de penser, la Paix, la Tolérance et l’entraide dans ce cheminement qui n’est pas facile quand on a été longtemps enchaînés par les plus extrémistes de chaque groupe.

Nous luttons contre les mensonges qui sont devenus un mode de gouvernance. Le manque de confiance qui fausse toutes les analyses et qui bloquent les solutions possibles.

Nous luttons pour la jeunesse qui doit oublier la peur qui l’empêche d’avancer, pour devenir une jeunesse libre et heureuse. Alors que d’autres disent l’ aimer en la transformant en tueurs, voleurs, violeurs, vendeurs d’êtres humains, en radicalisés….

Nous sommes ouverts à tous ceux qui, comme nous, sont enthousiasmés par cette idée nouvelle qui n’a rien à voir avec les beaux discours mensongers qu’on nous sert souvent et qui ne sont ni vrais ni mobilisateurs. Libérez-vous et vous sentirez la différence dans vos têtes, dans vos cœurs, dans vos jugements.

Nous combattons l’immobilisme qui bloque l’imagination et la créativité des citoyens et qui nous oblige à tourner autour de mêmes personnes qui, pour la plupart, sont dépassées.

Un pays bâti sur des bases solides est notre souhait. Quand les bases sont pourries, il ne sert à rien d’ériger de belles maisons ou de grands immeubles. Il suffira d’un coup de vent pour tout détruire. Le meilleur choix est l’investissement dans la personne. Une personne libre, qui a confiance dans les autres, peut réaliser sa vie….

Le mouvement citoyen Debout pour un Burundi sans ethnies (DBSE) est ouvert à tous ceux qui sont prêts à déconstruire les stéréotypes véhiculés par les différents égoïsmes.

Par Marie Nzigamye, coordinatrice du mouvement citoyen « Debout citoyens pour un Burundi sans ethnies » (DBSE)

 

Rwanda: Arrestation d'un chef rebelle accusé d'attaques meurtrières



Le gouvernement du Rwanda a annoncé mardi avoir arrêté un chef rebelle soupçonné d'avoir lancé une série d'attaques meurtrières dans une zone de forêts proche du Burundi et de la République démocratique du Congo (RDC).

Au Rwanda, Callixte Nsabimana est accusé de "formation d'un groupe armé irrégulier, complicité d'actes terroristes, (...), prise d'otages, meurtre et pillage", a-t-il précisé dans un communiqué.

Nsabimana est le porte-parole du Front de libération nationale (FLN), un groupe armé qui a revendiqué la responsabilité de nombreuses attaques dans la région de Nyungwe, prisée des touristes désireux de voir des gorilles des montagnes, une espèce menacée.

Le FLN est affilié aux Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un groupe rebelle basé en RDC qui mène des attaques au-delà de la frontière, contre les forces rwandaises.

Nsabimana a revendiqué les attaques via les réseaux sociaux, affirmant que son groupe avait pour objectif de renverser le président rwandais Paul Kagame.

Les autorités rwandaises ont refusé de préciser la date de son arrestation ou de sa comparution en justice. "Il a été arrêté et ramené ici", s'est contenté de déclarer mardi le ministre des Affaires étrangères, Richard Sezibera, au cours d'une conférence de presse.

En décembre dernier, Nsabimana avait revendiqué l'incendie de bus dans la région de Nyungwe qui avait fait deux morts et de nombreux blessés.

Les attaques à Nyungwe avaient conduit de nombreux pays occidentaux, dont la France, l'Allemagne, le Canada et l'Australie à déconseiller à leurs ressortissants de voyager dans cette région.

AFP

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