Lire nos articles en différentes langues ici

Burundi-Révision constitutionnelle : La société civile appelle à la résistance

Plus de vingt-trois organisations de la société burundaise ont lancé, vendredi, une campagne dénommée ‘’Teshwa Ute’’ (arrêtez) appelant à la résistance face au processus de révision constitutionnelle engagé par Bujumbura.

Plus de vingt-trois organisations de la société burundaise ont lancé, vendredi, une campagne dénommée ‘’Teshwa Ute’’ (arrêtez) appelant à la résistance face au processus de révision constitutionnelle engagé par Bujumbura.

Cette campagne "est dédiée à faire obstacle à toute révision de la Constitution dans les conditions actuelles", expliquent les ONG signataires dans une déclaration conjointe publiée vendredi et dont Anadolu a reçu copie.

Elles assurent, dans le même document, que cette campagne sera menée sans relâche pour "faire échouer ce projet macabre qui met en péril l’avenir du peuple burundais".

Selon les organisations signataires, cette campagne se propose de mobiliser toutes les forces vives, toutes catégories confondues à savoir la société civile, les mouvements pro-démocraties, les pro-régimes, les opposants, les enseignants, le monde académique, les corps de défense et de sécurité, …

Elles estiment en effet que "cette révision viole l’article 299 de la Constitution, issue de l’Accord d’Arusha de 2000 qui a mis fin à une décennie de guerre civile. Et de rappeler qu’une des pistes consensuelles de pour résoudre les crises cycliques burundaises a été la limitation des mandats présidentiels à une durée maximale de dix ans.

Fait qui sera remis en cause avec le projet de révision constitutionnelle; qui prévoit que le président sera élu au suffrage universel direct pour un mandat de sept ans renouvelable une fois, au lieu de cinq ans. Ce qui permettra au président Nkurunziza de se porter candidat aux présidentielles de 2020 et celles de 2027 avec la possibilité de se porter candidat plus tard, comme en 2034, a commenté un politologue burundaise, approché par Anadolu.

En outre, relèvent les initiatrices de la campagne ‘’Teshwa Ute’’ , ce projet de révision entrave toute solution pacifique et négociée à la crise burundaise et va à l'encontre des appels de la Communauté internationale.

Bujumbura n’a pas encore réagi à cette campagne.

Depuis avril 2015, date du déclenchement de la crise politique au Burundi, 1500 personnes ont été tuées, des centaines d'autres torturées, plus de 1000 portées disparues, plus de 420 mille exiléss et une dizaine de milliers arbitrairement détenus, précisent les ONG dans leur déclaration.

Elles appellent enfin la Communauté internationale, à se lever et aider pour arrêter cette ‘’dérive’’ qui risque de replonger le pays dans les guerres civiles et les coups d’Etat.

Depuis fin avril 2015, le Burundi traverse une grave crise politique émaillée de violences, déclenchée par la candidature controversée du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat qu'il a obtenu en juillet de la même année.

Anadolu/Yvan Rukundo


Calendrier

« July 2018 »
Mon Tue Wed Thu Fri Sat Sun
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30 31